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Des coquilles et des mondes

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Vernissage : le 21 novembre 2013 à 18h

Du 22 novembre au 6 décembre 2013

Heures d'ouverture : mardi-vendredi, de 13 à 18h
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Des coquilles et des mondes est une exposition née de mon envie de partager des découvertes artistiques que j'ai eu la chance de faire ces derniers mois. Comme des coquilles trouvées au bord de la mer*, attirée par leur particularité, je les ai sélectionnées parmi beaucoup d'autres ; je les ai ramenées dans mes poches, tout au long de ma promenade ; je les ai lavées, polies, admirées ; j'ai vu que, de leur similarités et diversités, je pouvais tirer une composition cohérente. Un dessin qui est le résultat d'une série de rencontres entre différents mondes, une situation dans laquelle chaque artiste met en scène la nécessité de mesurer ce qu'il a autour de lui, de chercher la limite et lui donner une forme.
Une petite goutte d'eau, un univers géométrique, de grands astres : des mondes inconnus et injoignables, desquels on ne peut avoir une expérience directe. Il est seulement possible de les apercevoir, grâce à une étude, une pratique, une volonté de se confronter avec le monde à ses différentes échelles.
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Dans la série des dessins Dispositions, Mathilde Denison (née en 1990, vit et travaille à Bruxelles) transcrit des phénomènes banals en formes schématisées pour leur donner du sens et, ainsi, pouvoir en faire l'expérience. Elle met en place des processus à partir de méthodes basées sur des lois et des obligations. Il n’y a rien a comprendre dans ses schémas car ils n'expliquent rien : ils ont une consistance graphique et un esprit géométrique qui suffisent à justifier une présence rigide et belle. Ils font apparaître les lignes de force qu'elle voit quand elle observe le monde et enrichissent son regard.
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Benoît Pype (né en 1985, vit et travaille à Paris) présente Socle pour une goutte d'eau (2012), une sculpture incolore-insipide-inodore avec laquelle il agrandit l'inobservé, il nous mène dans un univers inconnu mais pas du tout distant. Le très particulier et tout petit, minuscule, est traité avec intérêt scientifique et grand soin. La goutte, une sphère qui ressemble à une planète et abrite des milliers de micro-organismes, évolue en silence, avec une variation fine et imperceptible. Une œuvre qui respire ou, pour mieux le dire, que nous respirons ; qui demande également un investissement dans le temps, et une implication dans le vide. Un effort mental auquel les visiteurs de l'exposition sont invités à se confronter, la pièce étant solitaire et discrète au milieu de la salle : rien autour, rien de trop visible.
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François Roux (né en 1988, vit et travaille à Bruxelles) touche le cosmique de façon terrienne. Dans sa nouvelle vidéo, intitulée The Lid (Still Spinnin' Version, 2013) il porte un regard révérencieux mais désenchanté sur tout ce qui est au dessus de nos têtes et que nous rêvons de toucher, sans y arriver. François Roux est attiré par les phénomènes intouchables et insurmontables de la vie, ainsi que par l’ensemble des contradictions qu’ils cachent. Il montre l’immensité à son degré zéro, dans sa poésie irréductible. Une fresque d'images dansantes, faite d’astres lointains et de petits gestes comme tentatives de les toucher.
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*Par cette métaphore, je souhaite rendre hommage au concept de curateur flâneur, comme le philosophe et critique d'art italien Federico Ferrari l'a théorisé dans son texte « Complice dell'artista » (in « Curare l'arte », Chiara Bertola, Electa Mondadori, 2008). Le curateur qui rencontre des artistes sur son chemin, est ensuite attiré par leurs œuvres, s'arrête spontanément pour en savoir plus et décide enfin de partager ses découvertes. Une réflexion critique sur le rôle du commissaire d’exposition : se faire surprendre par l’inattendu, s’y engager émotionnellement, présenter des œuvres comme des mondes en communication mutuelle.

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La traduction commentée de « Complice dell'artista » de Federico Ferrari par Michela Alessandrini sera disponible sur demande.

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Opening : November 21st, 2013 at 6 pm

From November 22nd to December 6th , 2013

Opening hours : Tuesday-Friday, from 1 to 6 pm
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Des coquilles et des mondes is an exhibition arisen from my desire to share artistic discoveries that I had the chance to make during the last few months. As shells that one can find along the seashore*, I selected them among many other , charmed by their particularities. I have carried them in my pockets throughout my stroll, then I washed, polished and observed them ; afterwards, I realised that I could make a cohesive composition out of their similarities and differences. A drawing, resulting from this encounter between worlds ; a situation, in which each artist sets up the need to measure what's around, in order to find the limit and shape it.
A small drop of water, a geometric universe, some big stars : unknown and unreachable worlds we cannot have direct experience of. One can only perceive them, through researches, practice and a strong willingness to face the world and its different scales.
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Within the series of drawings Dispositions, Mathilde Denison (b. 1990, lives and works in Brussels) transcribes everyday's phenomena into schematized forms, to give them meaning and, in this way, experience them. She makes processes out of a method based on laws and obligations. There is nothing to understand in her patterns because they do not explain anything : they have a graphic consistency and a geometric nature, that can be enough to justify their rigid and beautiful presence. They make visible the main lines she sees when she looks at the world and do enrich her look.
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Benoît Pype (b. 1985, lives and works in Paris) shows Pedestal for a water drop (2012), a colorless-flavourless-odourless sculpture that aggrandises the unobserved and leads us through an unknown universe, but not distant at all. The special and small, minuscule, is treated with great care and scientific interest. The drop, a sphere that looks like a planet and hosts thousands of microorganisms, evolves silently with a fine and imperceptible change. A breathing work or, to say it better, a work that we do breathe ; which requires, also, a commitment into time and emptiness. The mental effort of being involved that the visitors of the exhibition are invited to confront with, the drop being quiet and lonely in the middle of the room : nothing around, nothing too visible at least.
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François Roux (b. 1988, lives and works in Brussels) touches cosmic questions in an earthly way. In his new video, titled The Lid (Still Spinnin' Version, 2013), he has a reverent but disenchanted look on the substance that lies above our heads and we dream to touch, never succeeding. François Roux is attracted by the untouchable and insurmountable life phenomena, and by every contradiction they hide inside. He shows the immensity at its zero grade, in its irreducible poetics. A fresco of dancing images, made out of distant stars and small gestures, as attempts to touch them.
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*Through this metaphor, I wish to pay tribute to the concept of flâneur curator, as theorized by the Italian philosopher and art critic Federico Ferrari in his text "Complice dell'artista" (in "Curare l'arte”, Chiara Bertola, Mondadori Electa, 2008). The curator meets artists on his way, is then attracted by their works, stops spontaneously to know more about them and finally decides to share his discoveries. A critical reflection about curator's role : to be surprised by the unexpected, to be engaged emotionally, to present artworks like worlds in mutual communication.

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A reviewed translation of Federico Ferrari's “Complice dell'artista” by Michela Alessandrini would be available on request.