Éléphant dans la chambre #2 et 3

Éléphant dans la chambre est un jeu sur la traduction de l’expression idiomatique anglaise désignant quelque chose qui est ignoré au sein d’une situation donnée ; littéralement elle donne l’idée de quelque chose de plus gros que l’espace qui l’entoure, ainsi impossible à ne pas prendre en compte.

La galerie accueille pendant les mois de novembre et de décembre 2012 une série de trois Éléphants : une œuvre d’art historique à la fois, chacune visible pour deux semaines seulement. Ces présences solitaires proposent aux visiteurs et tout particulièrement aux étudiants qui peuvent fréquenter la galerie quotidiennement, de faire l'expérience de ladite oeuvre et de ses spécificités, de l'étudier et d'instaurer un dialogue avec leur pratique artistique.

En parallèle, la Palestre de Présentation est à la disposition des étudiants, qui peuvent temporairement montrer leurs propositions artistiques, les tester dans un espace concret d’exposition. Des artistes et commissaires invités sont appelés à discuter les stratégies de monstration développées dans le cadre de la palestre.

Éléphant dans la chambre est un programme d’exposition organisé par Eva Fabbris, curatrice en résidence à l’erg

# 2
Ingrandendo/Disperdendosi (69A)

vernissage: 22 novembre 2012, 17h30

exposition du 23 novembre au 6 décembre 2012

du mercredi au vendredi, de 12h00 à 18h00

Au tournant de la seconde guerre mondiale, Carla Accardi (née à Trapani en 1924) s'installe à Rome où elle devient immédiatement l'une des protagonistes du débat sur l'art abstrait. Elle est ainsi la seule femme à signer le manifeste “Forma 1”. Dans ce document, un groupe de peintres, parmi lesquels Pietro Dorazio et Pietro Consagra, affirme la nécessité d'abandonner la figuration et de se libérer de la rigueur géométrique, questions que Accardi a traitées à travers une abstraction chargée d'attitude subjective et vitaliste.

Entrelaçant et pénétrant la surface de la peinture, les signes composent un ensemble qui, avec des variations infinies, représente la vie et indique à l'observateur une manière de se reconnaitre et de se comprendre.

Durant les années 60, sa recherche se concentre davantage sur la couleur, jusqu'à ce que ses travaux deviennent luminescents et produisent des provocations optiques inattendues. En 1964, elle participe à la Biennale de Venise avec une exposition personnelle présentée par Carla Lonzi, la critique d'art radicale italienne qui partage son engagement dans le militantisme féministe.

La recherche d’Accardi, basée sur les relations entre couleurs et signes, trouve un nouveau développement en abordant la relation entre l’œuvre et l’espace lorsqu’elle commence à utiliser des matériaux transparents (principalement du sicofoil) comme surface de peinture. À partir des années 80, elle laisse la toile brute transparaitre à travers un système d'entrelacements et de juxtapositions de grands signes colorés.

Carla Accardi
Ingrandendo/Dispernendosi (69A), 1988
Acrylique sur toile, 100 x 220 cm
Collection Giuliana et Tommaso Setari, Paris

# 3
Splatter Table

vernissage: 10 décembre 2012, 17h30

exposition du 12 au 20 décembre 2012

du mercredi au vendredi, de 12h00 à 18h00

Comme l’écrit lui-même Richard Artschwager (né à Washington D.C., 1923), son travail propose une sculpture qui peut être conçue comme un "espace ressenti".

Utilisant des matériaux préfabriqués tels que le formica, les stratifiés mélaminés, le celotex, (optant parfois pour des bizarreries comme du crin de cheval caoutchouté), il crée des sculptures géométriques frappantes qui très souvent s’apparentent à la forme de meubles. L'artiste représente l'espace et les objets du quotidien en mélangeant la perception bi- et tridimensionnelle pour surprendre le spectateur. Ses sculptures viennent dans notre espace, nous amenant à découvrir que la planéité a une certaine densité.

Issue d'une série initiée dans les années 90, Splatter Table est suspendue dans un espace interstitiel de la galerie (le coin), plutôt que présentée de manière plus attendue sur le mur ou le plancher. De part cette position, l’œuvre souligne subtilement son statut multiple, tout autant meuble, que sculpture et image. En rendant l'espace palpable, l’artiste propose aux spectateurs une nouvelle conscience de l'espace qui les entoure.

Le Whitney Museum for American Art à New York, qui a déjà dédié à Artschwager une exposition sur l’ensemble de sa carrière en 1988, accueille actuellement et ce jusqu’en février 2013 une grande rétrospective de son œuvre.

Richard Artschwager
Splatter Table, 1992
Peinture acrylique sur formica et bois, aluminium. 243x76/ 243x100cm (hauteur en fonction de la hauteur de la chambre)
Collection SMAK, Gent

Éléphant dans la chambre #2 et 3

Éléphant dans la chambre is a playful translation of the English idiomatic expression for something that is being ignored within a given situation; literally it gives the idea of something bigger than the space around it, hence impossible to overlook.

In the months of November and December 2012 the gallery is hosting a series of three Éléphants: one historical piece of art at a time, each on view only for two weeks. This lonely presences are intended to offer the chance to visitors, especially to the students who can pass by the gallery everyday, to experience the work of art in its specifity, to study it, to propose different ways to install it, to respond to it in their own practice.

In parallel, a Palestra of display is being offered the students, who can temporarily present their artistic proposals and test them toward an actual exhibition space. Guest artists and curators are invited to discuss display strategies in the frame of the palestra.

Éléphant dans la chambre is an exhibition program curated by Eva Fabbris, curator in residency at erg.

#2
Ingrandendo/Disperdendosi (69A)
Enlarging/Being Dissipated

opening: November 22nd, 17:30

exhibition from November 23rd to December 6th, 2012

open from Wednesday to Friday, from 12 to 6pm

Carla Accardi (born in Trapani in 1924) moved to Roma right after the end of WW2. There, she immediately became one of the protagonists in the debate on abstract art. She signed (being the only woman), the manifesto of “Forma 1”: in this document a group of painters, among them Pietro Dorazio and Pietro Consagra, declared the necessity of abandoning the figuration and of getting free from geometry’s rigour. Accardi has addressed these issues with an abstraction charged with subjective and vitalistic attitude.

Intertwining and entering the surface of the painting, the signs compose a whole that, with infinite variations, represents life and shows to the observer a way to recongnize and understand him or her self.

During the Sixties, her research was more and more focused on color, until it became luminescent, producing uncommon optical provocations. In 1964 she participated in the Venice Biennale with a solo exhibition presented by Carla Lonzi, the Italian radical art critic with whom Accardi shared her involvement in feminist militancy.

Accardi’s search, based on the sign-color, found a new development by addressing the relationship between the artwork and the space, when she started using transparent materials (mainly sicofoil) as painting surface. From the Eighties she let the raw canvas transpire in a system of interlacing and juxtapostion made of large colored signs.

#3
Splatter Table

opening: December 10th, 17:30

exhibition from December 12th to 20th, 2012

open from Wednesday to Friday, from 12 to 6pm

As Richard Artschwager (born in Washington D.C, 1923) described, his work proposes that sculpture can be “felt space.”

Using fabricate materials, as formica, melamine laminates, celotex (going sometimes for oddities as rubberizzed horsehair) he creates striking, geometric sculptures that very often are furniture-like in form. The artist represents the space and the everyday objects mixing two- and three-dimensional perceptual experiences and so surprising the viewer. His sculptures come in our space, suggesting us to discover that flatness has a certain density.

Splatter Table, out of a series started in the Ninties, is suspended in a somewhat interstitial space of the gallery, rather than a more predictable position on the wall or floor: the corner. From this position it subtly emphasizes its status of furniture, sculpture, and image all at once: by making space seems palpable, it succeeds in making viewers aware of the space itself around them in a new way.

The Whitney Museum for American Art in New York, that already dedicated to Artschwager his first career survay exhibition in 1988, is now hosting a major retrospective of his work (until February 2013).