PROJECTIONS :
MELANIE SMITH / WILLIE DOHERTY


Melanie Smith, Xilitla, 2011 en collaboration avec Rafael Ortega


vernissage 14.01.2013 | 17h00


50°49'19.50"N 4°21'25.53"E galerie de l’erg

exposition du 15.01 au 18.01.2013, de 17h00 à 20h00

Melanie Smith
Xilitla, 2011
en collaboration avec Rafael Ortega
vidéo, 9:16, projection verticale, couleur, son, 24:40 min, en boucle.

Las Pozas, un décor séduisant et décadent pour l’exubérance de la nature dans le paysage mexicain, est le motif qui se cache derrière Xilitla. Le film, tourné en 35mm, soulève la question des limites imaginaires entre les pratiques artistiques modernes et contemporaines. Les mécanismes surréels qu’Edward James (poète anglais et mécène des surréalistes) utilisa pour construire son enclave semi-tropicale sont démontés. Au cœur du dispositif filmique de Melanie Smith et Rafael Ortega se trouve un large miroir, personnage central et activateur d'un tournage dans les ruines de béton d'une « fantaisie » romantique, par lequel la nature entière de la perception de l'espace (de l'art) est à donnée à examiner.[1]

Les origines de Las Pozas datent de 1948, quand Edward James, vivant dans un semi exil au Mexique, devint propriétaire d’une plantation de café située à Xilitla, dans la Sierra Huasteca de San Luis Potosi, acquérant ce titre au nom de son ami et guide Plutarco Gastelum. Ils y ont d'abord cultivé des orchidées et introduit des animaux, tels singes, cerfs, ocelots, serpents, etc. avant de commencer la construction de centaines de sculptures et constructions architectoniques dans la jungle.

Willie Doherty
Secretion, 2012
HD projection vidéo, couleur, son, 20 min

Tourné à Kassel (Allemagne) et alentours, et présenté pour la première fois à la dOCUMENTA 13, Secretion fait usage de récits oubliés ou perdus, se situant quelque part entre l’histoire récente et le futur proche. Le récit omniprésent fait parfois écho à Ghost Story (2007), en plaçant les histoires et les expériences personnelles au premier plan du paysage de Kassel – ce même paysage qui servit de toile de fond au folklore des histoires des Frères Grimm, pendant qu’ils vivaient et travaillaient dans cette ville.
L’approche et le processus de Willie Doherty est de nature spéculative. Il utilise souvent une image ou une information existante, comme point de départ, pour s’attacher ensuite à découvrir ce qui se cache derrière. En même temps, la méthode de l'artiste est sensible aux difficultés de travail dans un paysage contemporain qui a été façonné par des évènements historiques monumentaux. De ce point de vue, Secretion est nourri par son expérience de produire des œuvres qui répondent à la complexité du conflit politique irlandais.


Les magazines de l'antichambre


Hotel Palenque, 1969-72 symbolise à la perfection la notion de « ruine inversée » de Robert Smithson. Lors d’un voyage dans les déserts et les jungles mexicaines en 1969, l'artiste photographia un ancien hôtel, construit de façon excentrique, qui subissait un cycle de décrépitude et de rénovation simultanées. Il utilisa ces images (31) dans une conférence destinée à des étudiants en architecture, à l’université de Utah, en 1972 – dans laquelle il analysa, de façon humoristique, le site comme dénué de centre, « désarchitecturalisé ». Hotel Palenque donne une vision directe de l’approche théorique de Smithson en ce qui concerne les effets de l’entropie sur le paysage culturel. Si la masse architecturale des anciennes ruines Maya - pour lesquelles Palenque est célèbre - fut volontairement ignorée par l'artiste, Hotel Palenque, un Nonsite, est lié néanmoins avec ce site Maya à travers leur condition commune de ruine et restauration. Hotel Palenque fut l'objet d'un insert dans Parkett, No. 43/1995.

Durant ce voyage, Robert Smithson réalisa également ses Mirror Displacements (1-9) dans la péninsule du Yucatan, installant des miroirs carrés dans des sites dispersés. S'en suivit la publication dans Artforum d'une série de 9 photographies qui accompagnait l'essai de Smithson, « Incidents of Mirror-Travel in the Yucatan » (septembre 1969, Vol VIII, No. 1). Les miroirs reflétaient et réfractaient les environs, déplaçant la solidité du paysage et anéantissant ses formes. Aussi bien « Earthwork » qu'image, les displacements questionnent la temporalité ; tandis que le miroir enregistre le passage du temps, sa photographie le suspend.[2]

[1] Xilitla. Melanie Smith, Ediciones El Mojado, Paris, 2012

[2] Guggenheim collection website, Nancy Spector

courtesy peter kilchmann galerie

Avec le soutien de www.khlara.com

50°49'19.50''N 4°21'25.53''E galerie de l'erg
Contact : Francesca Chiacchio, commissaire en résidence
Francesca Chiacchio